Fragile rencontre

La rando / aquarelle du jour a posé mon attention sur une grange, implantée au centre d’un champ de maïs moissonné. Ce 10 janvier, j’installe mon atelier plein air presque au centre du lopin de terre, à la vue de tous. A vrai dire, il n’y a pas foule alentour. Je suis dans la zone rurale de Lescar, légèrement en retrait des sentiers qui bordent la parcelle. Le temps est beau et froid, les promeneurs sont rares.

Alors que je suis concentrée sur mon travail, un bruit me fait lever les yeux. A moins de 50 mètres, deux chevreuils galopent en toute insouciance. Puis, ils ralentissent le pas de leur course pour brouter. Ils m’ont vue mais ils ne manifestent aucune crainte. Régulièrement, ils regardent dans ma direction avant de replonger leur museau dans les pieds de maïs coupés, probablement à la recherche de quelques grains.

Photo floue de deux chevreuils qui se suivent en traversant un champ de maïs moisonné
Deux chevreuils, photo Cécile Van Espen, 10 janvier 2018

L’un d’eux semble plus particulièrement intrigué par mon importune présence quasi statique. Serait-ce la première fois qu’il voit un humain assis sur un tabouret pliant, un pinceau à la main ? L’autre, plus indifférent, reste en retrait, mais toujours dans les pattes du téméraire. Ce dernier manifeste sa curiosité : il s’approche précautionneusement de l’intruse que je représente. Le second fait de même sans un regard.

A 30 mètres, l’un de l’autre, nous vivons ce tête-à-tête avec force. Le premier chevreuil toujours dans le questionnement me regarde intensément, il frémit nerveusement. Moi, consciente de l’exceptionnalité du moment, je frémis de bonheur. Il continue de m’observer tout en fouinant le sol. Je poursuis mon aquarelle tout en l’observant du coin de l’oeil.

A l'aquarelle, grange en fond d'un champ de maïs moissonné
Les Arroumégas, Lescar (64 – France), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, 31 x 41 cm, papier 100 % pur chiffon, 300 g/m2, 10 janvier 2018

Au terme de longues minutes d’observations mutuelles, le chevreuil fait demi tour en toute tranquillité. Le second est toujours dans ses pas. Par moment, il interrompt sa marche pour me lancer un dernier regard. Puis, il disparaît dans les futaies avec son comparse.

Comme pour mettre un terme à l’émotion qui m’a envahie, quelques minutes plus tard, un troisième chevreuil traverse le champs à vive allure, sans un regard !

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